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Trente pays unissent leurs forces contre les déchets plastiques en mer

8 avril 2021

Climat et environnement

Des pays de différentes régions du monde font équipe avec l’Organisation maritime internationale (OMI) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour lutter contre les déchets plastiques en mer et à nettoyer les océans dans le cadre du projet GloLitter.

Le financement initial de ce projet provient du gouvernement norvégien, par le biais de l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD), a précisé la FAO dans un communiqué de presse.

GloLitter vise à aider les transports maritimes et les pêcheries à progresser vers un avenir comprenant moins de plastique. Pour atteindre cet objectif, le projet aidera les pays en développement à mettre en œuvre les meilleures pratiques en matière de prévention, de réduction et de contrôle des déchets plastiques en mer provenant de ces secteurs.

Les déchets plastiques ont des effets dévastateurs sur nos océans, la faune et la flore marines et la santé humaine. Ils ont également des répercussions mesurables sur les secteurs de la pêche et des transports maritimes.

En effet, les équipements de pêche rejetés en mer peuvent poser un risque sérieux pour les pêcheurs, puisque les filets ou les lignes peuvent s’emmêler dans les hélices des navires ou endommager les moteurs. Il y a également des conséquences économiques lorsque les pêcheurs perdent leurs équipements ou que des poissons sont capturés dans des équipements abandonnés.

Les conteneurs perdus peuvent aussi présenter un risque de collision avec les navires. Il est essentiel de réduire et de prévenir le rejet des déchets plastiques en mer pour assurer la sauvegarde des ressources marines côtières et mondiales.

Les déchets marins sont un fléau pour les océans et pour la planète, Jose Matheickal de  l’OMI

« Je suis ravi que plus de 30 pays se soient engagés dans cette initiative et travaillent avec l’OMI et la FAO pour résoudre ce problème », s’est félicité Jose Matheickal, chef du département des partenariats et des projets de l’OMI.

« Les déchets plastiques ont un effet dévastateur sur la vie aquatique et la santé humaine », a déclaré de son côté le directeur des Pêches et de l’Aquaculture de la FAO, Manuel Barange. « Cette initiative représente une étape importante dans la lutte contre ce problème et contribuera à protéger les écosystèmes ainsi que les moyens d’existence de ceux qui dépendent de l’océan ».

Pays chefs de file et partenaires

Cinq régions seront représentées dans cet effort mondial : l’Asie, l’Afrique, les Caraïbes, l’Amérique latine et le Pacifique.

Dix pays ont été confirmés en tant que pays partenaires principaux et vingt autres pays ont été sélectionnés à titre de pays partenaires du projet GloLitter.

Les pays partenaires principaux joueront un rôle de meneur dans leurs régions respectives et feront la promotion de mesures nationales à l’appui du Plan d’action de l’OMI sur les détritus marins et des Directives volontaires de la FAO sur le marquage des engins de pêche. Les pays partenaires principaux et les pays partenaires travailleront en collaboration, grâce à la mise en place de jumelages, afin de bâtir un soutien régional pour le projet.

Les 10 pays partenaires principaux sont : le Brésil, le Costa Rica, la Côte d’Ivoire, l’Inde, l’Indonésie, la Jamaïque, le Kenya, Madagascar, le Nigéria et Vanuatu.

Les 20 pays partenaires sont : l’Argentine, Cabo Verde, la Colombie, l’Équateur, la Gambie, les Îles Salomon, le Mozambique, le Nicaragua, Panama, le Pérou, les Philippines, la République-Unie de Tanzanie, le Sénégal, le Sri Lanka, le Soudan, la Thaïlande, le Timor-Leste, le Togo, Tonga et le Viet Nam.

Le navire Ocean Cleanup a pour objectif de nettoyer la pollution plastique dans l'océan Pacifique.

Ocean Cleanup/Pierre AugierLe navire Ocean Cleanup a pour objectif de nettoyer la pollution plastique dans l’océan Pacifique.

Une action globale et concrète

Au cours des prochains mois, les unités de coordination du projet de l’OMI et de la FAO travailleront en collaboration avec les pays partenaires principaux afin d’élaborer des plans de travail nationaux adaptés aux besoins de chaque pays, de fournir l’assistance technique et la formation nécessaires à la mise en œuvre de ces plans et de faciliter les accords de jumelages entre pays partenaires principaux et pays partenaires.

Le projet GloLitter permettra aux pays partenaires d’acquérir des connaissances et des outils, ce qui comprend des documents d’orientation, du matériel de formation et des méthodologies pour les aider à faire respecter les réglementations existantes. Il s’agit notamment des règles sur la prévention de la pollution par les ordures prévues par l’annexe V de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL), qui interdisent le rejet en mer, par les navires, de matières plastiques, incluant les engins de pêche. Un autre régime conventionnel, la Convention de Londres et le Protocole de Londres, réglemente le rejet de déchets provenant des navires, autorisant uniquement l’immersion de certains types de déchets non dangereux.

Le projet fera aussi la promotion du respect des différents instruments de la FAO, y compris les Directives volontaires sur le marquage des engins de pêche, en plus de promouvoir les initiatives existantes, telles que la Global Ghost Gear Initiative.

Le projet se penchera sur la disponibilité et le caractère adéquat des installations de réception portuaire et leurs liens avec les systèmes nationaux de gestion des déchets. Il élaborera un « plan modèle de gestion des déchets portuaires », qui comprendra le concept d’économie circulaire et qui sera mis à l’essai dans des ports désignés dans les pays participants.

Le projet abordera la question du traitement des engins de pêche abandonnés, perdus ou rejetés. Des initiatives pilotes seront menées avec des organisations de femmes du secteur des pêches afin de réduire l’utilisation du plastique dans les pêcheries, la transformation et la commercialisation du poisson, et de collecter le plastique pour le recycler.

Le projet facilitera la mise en place de partenariats public-privé afin de favoriser la mise au point de solutions de gestion des déchets plastiques rejetés dans le milieu marin, notamment en examinant les moyens de diminuer l’utilisation du plastique, de même que des possibilités de réutiliser et de recycler les plastiques.